Le bac de français est le premier examen national que passe un lycéen, et il tombe dès la fin de la première. Beaucoup d'élèves le découvrent pour de bon en avril, quand le professeur annonce le bac blanc et que la liste des textes pour l'oral fait déjà une page entière. À ce stade, une partie du travail est perdue : les textes étudiés en septembre sont loin, la lecture cursive du premier trimestre n'a pas été notée, et le carnet de lecture est resté vide. Préparer le bac de français en première, c'est d'abord comprendre que cette épreuve se construit sur dix mois, et que chaque mois compte à peu près autant que le précédent.
Pourquoi préparer le bac de français dès la rentrée de première ?
Le jour de l'épreuve, l'examinateur choisit un texte parmi ceux que le professeur a réellement étudiés en classe pendant l'année, listés sur un descriptif officiel. Un extrait de Rabelais analysé en octobre peut donc tomber en juin. Aucune fiche téléchargée ne remplacera l'explication faite en classe, avec les remarques du professeur et la question de grammaire qui va avec. Ce qui n'est pas consolidé au fil des séquences se rattrape mal.
Le calendrier joue aussi contre les élèves qui attendent. Entre le début des épreuves de spécialités, les bacs blancs, les révisions d'histoire-géographie et les contrôles de maths qui continuent jusqu'en juin, la fin de la première est saturée.
Il y a enfin l'enjeu du dossier. Les notes de français de première apparaissent dans le livret scolaire consulté sur Parcoursup, et le bac de français compte pour deux épreuves à coefficient élevé dans la note finale du baccalauréat. Pour un élève qui vise une prépa littéraire, une école de journalisme, Sciences Po ou une classe préparatoire ECG, cette note est regardée de près. Pour les autres, elle reste une des rares matières où quelques points se gagnent avec de la méthode plutôt qu'avec du talent.
Ce que l'épreuve anticipée de français attend vraiment de vous
L'épreuve écrite dure quatre heures. En première générale, vous choisissez entre le commentaire d'un texte que vous n'avez jamais lu et la dissertation sur une des œuvres étudiées dans l'année, avec son parcours associé. En première technologique (STMG, STI2D, ST2S, STL, STD2A), le choix se fait entre le commentaire, guidé par un parcours de questions, et un ensemble contraction de texte suivie d'un essai argumenté.
L'oral dure vingt minutes, après trente minutes de préparation. Douze minutes d'exposé sur un texte imposé (lecture à voix haute, explication linéaire, question de grammaire), puis huit minutes d'entretien sur une œuvre que vous avez choisie parmi celles lues dans l'année. Cette seconde partie est celle que les élèves préparent le moins alors qu'elle se prépare le mieux : vous connaissez le sujet à l'avance, vous choisissez l'œuvre, et l'examinateur attend un avis personnel construit, pas un résumé.
Les quatre objets d'étude ne bougent pas d'une année à l'autre : la poésie, le roman et le récit, le théâtre, la littérature d'idées. Les œuvres au programme tournent régulièrement, mais des noms comme Montaigne, La Bruyère, Olympe de Gouges, Baudelaire, Rimbaud, Molière, Marivaux, Balzac ou Colette reviennent de façon récurrente.
Se faire accompagner pendant l'année : cours particuliers ou stage intensif de français ?
Le français est une matière où l'élève a rarement un retour individuel sur ses copies : une dizaine de devoirs dans l'année, corrigés pour trente-cinq élèves à la fois. C'est là que l'accompagnement extérieur fait la différence, à condition de ne pas attendre les derniers mois. Deux formats se complètent bien :
Les cours particuliers de français en semaine, à domicile ou en visio, installent un rythme régulier. Le professeur reprend les textes vus en classe, fait rédiger une introduction ou un paragraphe de commentaire chaque semaine et corrige la langue, ce que la classe ne peut pas faire pour chacun.
Le stage intensif de français en première, pendant les vacances scolaires (Pré-rentrée, Toussaint, Noël, Février, Pâques), sert à reprendre une méthode qui n'a pas été comprise (la dissertation très souvent) et à s'entraîner en conditions réelles, en petit groupe, sans les devoirs du lendemain.
Groupe Réussite propose ces deux formats dans toute la France, avec des professeurs qui connaissent les attendus des correcteurs du bac de français. Le stage de Toussaint est le bon moment pour poser la méthode du commentaire alors qu'il reste huit mois devant soi ; celui de Pâques, pour enchaîner les oraux blancs. Un stage de pré-rentrée en fin de seconde, lui, sert à prendre de l'avance sur les lectures et à revoir les bases de la grammaire de phrase avant que les séquences ne s'enchaînent.
Un calendrier de préparation au bac de français, trimestre par trimestre
Le plan qui suit n'exige pas plus d'une heure par semaine en dehors des devoirs demandés par le lycée. Il repose sur une idée simple : faire au moment où c'est facile ce qui devient impossible en mai.
De septembre à la Toussaint
À chaque texte étudié en classe, rédigez le soir même une fiche d'une demi-page : mouvement du texte, deux ou trois procédés majeurs avec leur effet, et la question de grammaire abordée.
De la Toussaint à Noël
Rédigez entièrement un commentaire et une dissertation, même si le professeur n'en demande qu'un. Comparez les deux exercices, repérez celui où vous êtes le plus à l'aise, et travaillez surtout l'autre.
De janvier à février
Commencez les oraux blancs à la maison : tirez un texte au hasard parmi ceux déjà étudiés, préparez trente minutes, exposez douze minutes devant un parent ou un téléphone en mode enregistrement. Réécoutez-vous. C'est inconfortable, et c'est l'exercice qui fait le plus progresser.
De mars à Pâques
Terminez les lectures cursives et arrêtez votre choix d'œuvre pour l'entretien. Reprenez le carnet de lecture et préparez une position personnelle argumentée sur cette œuvre : ce qui vous a touché, ce qui vous a agacé, un rapprochement avec un film ou un autre livre.
De mai à l'épreuve
Révisez, au sens strict : relecture des fiches, oraux blancs à cadence rapprochée, grammaire. Si tout ce qui précède a été fait, cette période est la plus légère de l'année pour le français, ce qui libère du temps pour les autres matières.
Comment réviser le bac de français au fil de l'année sans y passer ses soirées ?
Quelques habitudes valent mieux qu'un plan de révision ambitieux qui ne tiendra pas.
Rédigez une introduction complète par semaine, en alternant commentaire et dissertation. Vingt minutes suffisent, et l'introduction est la partie de la copie que le correcteur lit avec le plus d'attention.
Constituez une réserve de citations courtes : cinq ou six par œuvre, apprises au fil de l'eau, pas quarante en mai.
Traitez la question de grammaire comme une matière à part, dix minutes par semaine : propositions subordonnées, négation, interrogation, expression du temps et de la cause. Elle rapporte des points faciles à l'oral et fait perdre des élèves qui l'avaient négligée.
Lisez à voix haute un texte par semaine. La lecture est notée à l'oral et elle prépare l'explication linéaire mieux que n'importe quelle fiche.
Les erreurs qui coûtent des points au bac de français
Elles se répètent d'une session à l'autre dans les copies et lors des oraux.
Paraphraser le texte en commentaire, c'est-à-dire raconter ce qu'il dit au lieu d'analyser comment il le dit. Un correcteur le repère dès la première partie.
Choisir la dissertation sans connaître l'œuvre en détail, avec l'idée que « c'est de l'argumentation ». Sans exemples précis tirés du livre, la note plafonne.
Arriver à l'oral avec des fiches apprises par cœur et réciter sans regarder l'examinateur. L'explication linéaire est un exercice de lecture vivante, pas une restitution.
Ne pas relire sa copie. Une orthographe défaillante et des phrases mal construites pèsent sur la note, et quinze minutes de relecture en fin d'épreuve corrigent une bonne partie du problème.
Et en première STMG, STI2D ou ST2S, comment préparer le bac de français ?
La voie technologique passe la même épreuve orale que la voie générale, avec une liste de textes plus courte, mais son écrit est différent et souvent mal préparé parce que les ressources en ligne parlent surtout de la voie générale. L'ensemble contraction de texte et essai demande deux compétences distinctes : réduire un texte argumentatif au quart de sa longueur en respectant l'ordre des idées et le point de vue de l'auteur, puis rédiger un essai construit sur une question liée à l'œuvre de littérature d'idées étudiée dans l'année.
La contraction s'apprend vite avec de l'entraînement, en travaillant sur des éditoriaux ou des tribunes de presse une fois par semaine. L'essai, lui, ressemble à une dissertation allégée et se prépare avec les mêmes outils : connaissance de l'œuvre, exemples tirés des lectures, plan en deux ou trois parties. Les élèves de première STMG ou STI2D qui prennent des cours particuliers de français gagnent surtout sur ce point : la structure d'un paragraphe argumentatif et la reformulation, deux choses qu'on ne peut corriger qu'individuellement.
Par où commencer cette semaine ?
Sortez le programme de l'année communiqué par votre professeur, ou demandez-le. Ouvrez un cahier qui servira de carnet de lecture et notez-y la première œuvre en cours. Écrivez une fiche sur le dernier texte étudié en classe, une demi-page, pas plus.